Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 21:46

Le week-end dernier, j’exposais pour la première fois mes photos.
Un appartement haussmannien. Un parquet qui craque. Des murs blancs. Des cadres noirs, des photos de mes voyages, du quotidien. Des visiteurs amis, et amis d’amis.

                                       
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J’avais le trac. Je me disais, mais comment ai-je pu avoir la prétention de revendiquer  la qualité de mes clichés jusqu’à en faire une exposition? Je me sentais narcissique et perdue. Et puis le jour J est arrivé. Les visiteurs et leur enthousiasme en toute simplicité m’ont dissuadé de mes angoisses. J’ai pris du plaisir à partager, à raconter le souvenir de ces photos. Ce sourire d’enfant de la brousse qui me rappelait tant de souvenirs et d’émotions nouvelles. Cette prise de vue de San Francisco.


Et puis, exposer son travail, c’est un peu se mettre à nu devant ses proches. C’est sentir un regard différent posé sur soi. Ca déclenche la curiosité.
 

Alors merci à vous tous visiteurs. Pour les absents, vous trouverez toujours quelques extraits ici.
 

Par Féli
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 23:45

Ouf, la Peste est partie. Ils sont sauvés. On a rouvert les portes d’Oran après des mois de souffrance.


Ouf, j’ai fini ce roman d’Albert Camus : la Peste, l’un des romans français les plus présents sur nos étagères. Des années que ce livre m’appelait. J’avais vu mes frères ainés dévorer Camus. Je me disais que ça devait être pour les adultes ces choses là.


Et puis l’année dernière, je suis tombée sur l’Etranger. Il n’était pas trop épais, alors j’ai eu envie de le lire. Et il m’a plu.

 
  
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Depuis j’ai dévoré les œuvres et essais de cet auteur. Pour en finir ce soir avec la Peste.  Sans doute le moins digeste de tous. Puisqu’il m’a quelque peu dégouté de Camus. La teneur en phrases profondes et réflexions pénétrantes peut s’avérer assommante.


Je découvre cet auteur alors que l’on commémore le cinquantenaire de sa mort : le 4 janvier 1960 dans un accident de la route. Cinquante ans après, ses mots n’ont pas vieilli, et me donnent des réponses à des questions qui me taraudent, en tant que grande folle en pleine quête de sens dans mes lundis gris, fades et nauséabonds.


Alors comme personne n’a envie de l’oublier, tout le monde en parle. Prix Nobel de son vivant, aujourd’hui Sarkozy se bat pour qu’il soit transféré au Panthéon. Pas un seul quotidien ni magazine n’a omis de lui préparer un hors série. Tout y est : sa vie, son œuvre, ou le mythe d’un essayiste prônant la révolte et s’interrogeant sans cesse sur l’absurdité de la condition humaine.


Lire Camus ? Oui, mais à consommer avec modération. J’ai besoin d’une cure de légèreté maintenant, voilà le dernier Gavalda qui me tend les bras…

Par Féli
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 22:01

Quelques jours en Italie, c’est fantasmagorique. On enlève les manteaux. On boit du vin dans des grands verres en terrasse, même au mois de janvier. On ingurgite des litres d’huile d’olive. On est heureux de manger des pâtes au restaurant.

 

L’espresso est tonitruant, il réveillerait un mort. Je comprends mieux les coups de klaxons et les gestes ininterrompus d’un Italien en pleine conversation. Quand j’entends mon voisin ritale parler si fort, que je le vois utiliser son klaxon avant son frein, je me dis qu’il doit penser de nous Français que nous sommes dans un état proche de la léthargie.

 

A Rome, les monuments de l’Antiquité jouxtent les églises baroques et les McDonalds du 21ème siècle. Tout cela dans une harmonie déconcertante. La saleté des façades en fait leur charme. La ville regorge de surprises. On trouve des églises à chaque coin de rue, parfois engoncées dans des ruelles désertes, et pouvant abriter des œuvres d’une beauté rare. Il y a la place ovale, la majestueuse basilique San Petro, le marché aux fleurs, et j’en passe.


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La nuit tombe vite en ces mois d’hiver. Alors il faut continuer d’errer dans les ruelles ornées de lianes de glycines. Le labyrinthe formé par ce dédale de pavés perd le touriste dans un circuit sans fin. A moins qu’il ne soit né chanceux et doté d’un sens de l’orientation. Ce ne fut pas mon cas.

L’éclairage est discret. Les bâtiments sont dans la pénombre. 

Je m’imagine déjà habiter cette ville, guidant mon Vespa par mille coups de klaxons, et rejoignant quelques amis dans un bar à vins du Trastevere.

 

Par Féli
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /Déc /2009 14:16
Aujourd’hui, j’ai fait le pot de fleurs.
C’est un métier en vogue chez les jeunes parisiennes en quête d’argent facile.
Officiellement, on nous appelle : « hôtesse d’accueil ».

Etre payé à ne rien faire et à  sourire : le rêve ?
Détrompez-vous !

Mardi 8 décembre.
J’ai rendez-vous à 6h30.
Bien sûr, mon réveil ne sonne pas. Ca ne m’arrive jamais, sauf aujourd’hui. J’ouvre les yeux, il est 6h17. L’aventure commence bien.

En une minute, le corps encore au ralenti, je fais mon chignon banane. Une bonne dose de laque pour sentir bon et donner un effet cheveux sales. Pas une mèche ne doit dépasser. J’enfile mes collants chair tue-l’amour. Bien sûr je les file. J'aurais du me couper les ongles. Chers messieurs, vous êtes nés chanceux d’éviter tous ces désagréments. Le monde est injuste.

Je m’étale une couche de fond teint en quatrième vitesse. Je me sens terne et uniforme.

Je cours jusqu’au métro. Il n’arrive que dans quatre minutes. Quand on est très en retard, c’est long quatre minutes.

J’arrive finalement devant le pavillon de réception Potel et Chabot dans le 16ème arrondissement parisien. Il est 7H. J’ai limité les dégâts niveau retard. Il fait nuit noire, il n’y a encore personne. J’ai les yeux qui collent. J’ai froid. Je déteste déjà cet endroit.

Je retrouve la cliente. On m’avait dit qu’elle était exécrable. C’est en effet le cas. Ce genre de femme du 16ème, qui n’a malheureusement jamais rien vu d’autre me fait de la peine. Je rentre dans son jeu, et je reste soumise à ses propos. Je suis là pour ça. Pour sourire niaisement, dire  bonjour, expliquer des dizaines de fois que les toilettes sont au fond à gauche, et prendre les vestiaires de ces nobles personnes.

Je suis devant l’entrée du pavillon. Les invités arrivent. Je passe ma journée dans un courant d’air. Je regarde dans le vide en attendant que le temps passe. Aujourd’hui, je suis chanceuse, j’ai le droit de m’asseoir. J’éviterai ainsi les crampes insoutenables de la posture debout sur des talons aiguilles qui vous fusillent les mollets et le dos.

J’aurai tout de même droit aux crampes des zigomatiques, à la tenue de la défaite : un tailleur taille haute qui vous oppresse le ventre et vous fait un derrière de femme âgée.
J’aurai le droit aux regards compatissants ou méprisants de ces hommes et femmes d’affaires. Dans ma petite tête, j’ai envie de leur dire que non, je ne suis pas blonde et débile. Que j’ai quelques connaissances de la vie, de l’entreprise et même de la politique ! J’ai envie de leur dire  que ça n’est pas parce que je suis habillée comme une pimbêche que je ne sais pas aligner deux mots dans le bon ordre.

La journée se passe.
Outre le froid, le sourire forcé, et les invités parfois exécrables, le pire dans ce métier d’un jour, c’est l’oisiveté.
L’oisiveté m’angoisse. Elle me ramène à des pensées que je voudrais éviter. Elle me fait tourner la tête. Je me rends compte à quel point nous ne savons plus nous ennuyer de nos jours.

Je quitte l’endroit en me disant que c’était la dernière fois, et que je vais me presser de trouver un CDI, quel qu’il soit, du moment que je ne me retrouve pas dans la tête dans le vide, à broyer du noir et du blanc toute la journée.

Quelle chance folle d'avoir fait des études.



Par Féli
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /Nov /2009 17:45
Lyon, un dimanche brumeux.

 

Nous arrivons à la Sucrière, cet ancien entrepôt réhabilité depuis 2003 pour y stocker de l’art et non plus du sucre. Depuis mi-septembre, la Xe Biennale de Lyon accueille l’œuvre d’une trentaine d’artistes, pour la plupart inconnus. Le succès est au rendez-vous : la queue interminable devant les guichets en témoigne. Trop impatients d’investir les lieux, nous entrons par la sortie, exemptée de tout gardiennage !



A peine entrés, nous sommes dans le vif du sujet. Un portail qui s’ouvre et se rabat inlassablement. Le choc est d’une violence extrême et détonne en nous chaque fois davantage. Vite, éloignons-nous de ce lieu oppressant.

 

L’ancien bâtiment industriel nous révèle ensuite une série de photos intrigantes. Des digiphones dans des cadres. Une femme mariée à un gorille.  

 

Les vidéos nous laissent encore plus perplexes. La vie d’un clochard sur une bouche d’égôut. Rien ne se passe, d’autant plus qu’on ne voit que ses pieds. Plus loin, un chinois traverse la place de l’Etoile, une main menotée à la cheville.

Chaque étage est un étalage d’œuvres similaires et surprenantes. Certaines sont plus accessibles que d’autres.

Cependant, notre embarras revient face à des étagères insignifiantes remplies d’une vaisselle insignifiante. On aurait vu la même chose chez Ikéa.

C’est alors que l’on s’interroge sur le sens de l’art. En quoi cette exposition est-elle artistique ? Peut-être ne disposons-nous pas de la formation et de l’éducation nécessaire au discernement de ces œuvres ? J’en doute, puisque la biennale se veut un événement grand public.

 

L’art est ici représenté tantôt dans l’absurde et l’incohérence, tantôt dans le banal et l’insignifiant. Je comprends mieux. Je m’étais toujours fait cette idée que l’art doit nous mener à l’écartement du monde brutal que nous connaissons. Cette biennale m’apprend que l’art se doit également de nous ramener à l’essentiel et au quotidien qui nous entoure. Ce que nous avons tendance à oublier.

 

Je ne suis pas entièrement convaincue par cette vision de l’art. A vous de juger, l’expo a lieu jusqu’au 3 janvier !

 

http://www.biennaledelyon.com/

Par Féli
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